Malgré la pause estivale, je souhaite m’arrêter sur un aspect pédagogique, mon impression dominante étant que mon analyse des points de difficulté technique se fait de plus en plus fine ! …Je profiterai donc de cette page pour mettre par écrit le principal constat de ces derniers mois – un sujet qui pourra être profitable bien au-delà du cercle de mes élèves habituels.
L’obstacle (ou embarras) le plus fréquemment rencontré est un arrêt chronique aux barres de mesure : au-delà des bonnes habitudes de lecture, à présent bien connues, c’est couramment l’accord placé en début de mesure suivante qui génère une hésitation. Le plus préoccupant demeure que soit l’exécutant n’en a pas conscience, soit il espère, naïvement, que tout s’arrangera « à l’usure » !
Or, quelques décennies d’enseignement m’ont convaincue qu’une telle anomalie a fort peu de chance d’être corrigée par le rabâchage ; et quand bien même elle le serait, la question de fond ne s’en trouvera pas réglée pour autant, survenant à nouveau au morceau suivant.
Pour y remédier… À chaque marque d’hésitation, j’invite le cithariste à s’arrêter, pour identifier laquelle des deux mains serait susceptible d’être autonomisée (j’entends par là : exécutée sans le concours du regard), ce qui permettra de mieux suivre l’autre main et de franchir l’obstacle sans délai !
Ainsi, selon le contexte, deux méthodes peuvent fonctionner :
Soit les accords du moment, parce que voisins sur l’instrument, peuvent libérer le regard en faveur de la mélodie – et donc, de la main droite ;
Soit, grâce à la technique du buté, le pré-positionnement ou le maintien des doigts sur les cordes mélodiques libèrent le regard de la main droite, et permettent de se centrer davantage sur la gauche !
On le voit : pour qui veut progresser, les moyens existent… mais à condition d’accepter de petites pauses pour analyser finement la partition. Or prendre le temps de la conscientisation, c’est presque le point le plus difficile à obtenir de l’élève qui, par tradition, répugne à renoncer – fut-ce pour quelques instants – au plaisir de l’exécution musicale.
Quant à moi, je demeure persuadée qu’une telle réflexion approfondie est l’unique voie pour que, graduellement, les processus mentaux et gestuels s’automatisent.
Pour une détente toute estivale, j’espère vous régaler avec cette sublime “Chanson à la Vierge” de Gautier de Coincy (12e-13e s.) – ou plus précisément son refrain ; et puisque le chantre d’antan associait le cantique marial avec sa vièle, je fais de même avec ma cithare !
Transcription toute en sobriété et délicatesse, dans le style médiéval – et donc avec accords sans tierce…
Ce magnifique “ Lento ”, probablement écrit pour orgue, est un extrait de la 5e Sonate de Willem de FESCH (1685-1758) – donc, un contemporain de J.S. Bach, malgré son style plutôt apparenté à la » musique française « … Je relève l’adéquation parfaite à notre cithare, et le mouvement tellement en phase avec les temps chauds que nous traversons !
Partition de niveau 4, disponible à l’unité, et dans le recueil Ouïe fine.
Stage St-Thierry prox. Reims (51) – 20 au 23 Août et/ou 23 au 26 Août 2026
Monastère des Bénédictines – 2 place de l’Abbaye 51220 Saint-Thierry.
Session de formation classique, ouverte à tous – y compris à ceux qui n’ont jamais joué de cithare…
Avec un bel objectif : que chacun reçoive, musicalement et intérieurement
tout ce que la cithare peut lui apporter !
La première partition vous emmène au Pérou, avec un magnifique chant d’amour traditionnel “Sonccoiman” : mélodie très connue, lente et douce, qui pourrait faire penser à une berceuse… À jouer en solo (niveau progressant) ou duo (niveau médian) – Pour cithare 7 accords et plus – 1 page.
Autre proposition, purement baroque, que j’intitule “Sarabande pour plusieurs cithares” : l’une des plus belles réussites que nous ait laissé Archangelo Corelli – À retrouver comme chant accompagné sur le CD Perles de cithare. Ici, version pour ensemble de deux à quatre cithares – Niveau médian/progressant, pour cithares 6 à 12 accords – Inédit 2026, 1 page.
Malgré la pause estivale, je souhaite m’arrêter sur un aspect pédagogique, mon impression dominante étant que mon analyse des points de difficulté technique se fait de plus en plus fine ! …Je profiterai donc de cette page pour mettre par écrit le principal constat de ces derniers mois – un sujet qui pourra être profitable bien au-delà du cercle de mes élèves habituels.
L’obstacle (ou embarras) le plus fréquemment rencontré est un arrêt chronique aux barres de mesure : au-delà des bonnes habitudes de lecture, à présent bien connues, c’est couramment l’accord placé en début de mesure suivante qui génère une hésitation. Le plus préoccupant demeure que soit l’exécutant n’en a pas conscience, soit il espère, naïvement, que tout s’arrangera « à l’usure » !
Or, quelques décennies d’enseignement m’ont convaincue qu’une telle anomalie a fort peu de chance d’être corrigée par le rabâchage ; et quand bien même elle le serait, la question de fond ne s’en trouvera pas réglée pour autant, survenant à nouveau au morceau suivant.
Pour y remédier… À chaque marque d’hésitation, j’invite le cithariste à s’arrêter, pour identifier laquelle des deux mains serait susceptible d’être autonomisée (j’entends par là : exécutée sans le concours du regard), ce qui permettra de mieux suivre l’autre main et de franchir l’obstacle sans délai !
Ainsi, selon le contexte, deux méthodes peuvent fonctionner :
Soit les accords du moment, parce que voisins sur l’instrument, peuvent libérer le regard en faveur de la mélodie – et donc, de la main droite ;
Soit, grâce à la technique du buté, le pré-positionnement ou le maintien des doigts sur les cordes mélodiques libèrent le regard de la main droite, et permettent de se centrer davantage sur la gauche !
On le voit : pour qui veut progresser, les moyens existent… mais à condition d’accepter de petites pauses pour analyser finement la partition. Or prendre le temps de la conscientisation, c’est presque le point le plus difficile à obtenir de l’élève qui, par tradition, répugne à renoncer – fut-ce pour quelques instants – au plaisir de l’exécution musicale.
Quant à moi, je demeure persuadée qu’une telle réflexion approfondie est l’unique voie pour que, graduellement, les processus mentaux et gestuels s’automatisent.
Pour une détente toute estivale, j’espère vous régaler avec cette sublime “Chanson à la Vierge” de Gautier de Coincy (12e-13e s.) – ou plus précisément son refrain ; et puisque le chantre d’antan associait le cantique marial avec sa vièle, je fais de même avec ma cithare !
Transcription toute en sobriété et délicatesse, dans le style médiéval – et donc avec accords sans tierce…
Ce magnifique “ Lento ”, probablement écrit pour orgue, est un extrait de la 5e Sonate de Willem de FESCH (1685-1758) – donc, un contemporain de J.S. Bach, malgré son style plutôt apparenté à la » musique française « … Je relève l’adéquation parfaite à notre cithare, et le mouvement tellement en phase avec les temps chauds que nous traversons !
Partition de niveau 4, disponible à l’unité, et dans le recueil Ouïe fine.
Une nouvelle proposition vient compléter la mélodie “ Les yeux noirs ”, jusqu’ici publiée pour cithare solo : à présent, version avec une magnifique seconde voix aux accents de violoncelle, en staccato… Niveau médian en duo comme en solo – Pour cithare 6 accords et plus, mais avec octave grave pour la 2e voix – 1 page..
Dans le répertoire celtique, particulièrement plaisant sur notre cordophone – et également soit pour une, soit pour deux cithares –, voici “ Arranmore ”, chant emblématique de l’Irlande. On y découvrira notamment l’effet sublime des superpositions de glissandi avec des accords arpégés… Niveau médian, pour cithare 12 accords – Inédit 2026, 2 pages.
Enfin, pour la première fois, je me suis risquée à aborder le répertoire de Charles-Marie Widor… et quelle joie d’entendre à la cithare son “ Andante de la 4e Symphonie pour orgue ”, dont j’affectionne tellement la mélodie et l’harmonie ! Niveau très difficile, pour cithare 12 accords – Inédit 2026, 1 page.
En cette fin d’année scolaire, je proposerai une sorte de photo de famille parmi les élèves prenant des cours réguliers (dans le respect, bien sûr, du » droit à l’image » !)
Commençons par la doyenne, qui me retrouve chaque mois depuis le lancement de mes cours en distanciel » 2006 : une fidélité qui mérite bien que je continue, après plus de vingt ans, à créer des nouveautés pour l’approvisionner… »
À l’opposé, une toute jeune, déjà harpiste, me fait d’excellents débuts sur une cithare 6×4, tant en morceaux qu’en accompagnement ; tout comme une carmélite, sur son psaltérion 12×7, vient de relever le gros défi de progresser sensiblement en expressivité, à travers le répertoire » dépouillé » que je recommandais en mai…
En accompagnement toujours, travail approfondi sur les accords avec une religieuse : recherche harmonique, détermination de la meilleure technique pour chaque chant… Après plusieurs années, nous passons à l’harmonie » intuitive » : deviner les accords sans préparation, à l’instar des guitaristes… Passionnant !
Non moins passionnant pour le professeur, le suivi de plusieurs personnes concernées par la dysproprioception (atypie déjà évoquée sur cette page), de niveaux très divers ; mais le constat des avancées suscite un tel bonheur pour elles, et une telle joie pour moi !
Le corps médical est, comme toujours chez les citharistes, sur-représenté – confirmant le besoin particulier de compenser le poids de la vie professionnelle et, conjointement, l’efficacité de la cithare en la matière.
Enfin, je me plairai à citer deux alsaciennes, institutrices retraitées que je rejoins individuellement ; et qui, avec la Akkordzither » dans le sang » propre à leur région, ont eu tant de bonheur à travailler déjà une bonne partie des Variations sur le Vieux Chalet – avec les avancées qui en découlent…
Et voilà : une bonne troupe aux profils disparates, bien représentative des différentes promotions… et l’on comprendra que je ne me lasse jamais d’enseigner la cithare !
Actualité du moment : comme je le craignais, le mois de juin n’aura hélas pas vu l’aboutissement du projet de stage à Turin – faute, je pense, d’une publicité locale suffisante ; regrettable pour les personnes intéressées, mais aussi, profonde déception d’un rendez-vous manqué avec cette cithare » sœur » qu’est le Dulcimer des Appalaches…
En revanche, la disponibilité « surprise » d’une cithariste chauffeur me donnera l’occasion inespérée de reprendre le chemin de Montfavet (près Avignon) fin 2026, et d’y retrouver les citharistes locaux (voir Prochains stages).
Ce magnifique “ Lento ”, probablement écrit pour orgue, est un extrait de la 5e Sonate de Willem de FESCH (1685-1758) – donc, un contemporain de J.S. Bach, malgré son style plutôt apparenté à la » musique française « … Je relève l’adéquation parfaite à notre cithare, et le mouvement tellement en phase avec les temps chauds que nous traversons !
Partition de niveau 4, disponible à l’unité, et dans le recueil Ouïe fine.
Avec une musique résolument ternaire, je vous invite à une petite croisière : “Wo die Nordseewellen” (= Sur les flots de la Mer du Nord) !
Histoire de ne jamais oublier que notre cithare, qui peut être si profonde et intime, fut d’abord exclusivement – et pour quelque 80 ans – instrument du folklore austro-bavarois…
– Une fois encore, Archangelo Corelli vous enchantera avec l’un de ses mouvements lents de sonate : ici, un “Adagio (n°1)”, que je recommande notamment pour l’étude des noires pointées. Niveau médian, pour cithare 6 accords et plus – 1 page, inédit 2026.
– Par ailleurs, un “Air ancien (n°3) et ses petites variantes”, dont le thème a inspiré l’hymne O Roi de gloire…. Quant aux variantes, elles se distinguent par quelques audaces harmoniques intéressantes ! Niveau simple, pour cithare 6 accords et plus – 1 page, également Inédit 2026».
Ce mois-ci, petites confidences autour de mes compositions, sous l’angle de l’inspiration et de la pédagogie…
Vous aurez peut-être remarqué qu’elles se répartissent comme en deux lots, avec certaines plutôt grandioses, et d’autres, assez modestes… Curieusement, je ne crains pas de développer les premières dans toutes les tonalités (voire, avec modulations), – et elles sont naturellement dévolues aux psaltérions 12 accords. Alors que pour les secondes, humbles pièces musicales, je me sens irrésistiblement portée à me limiter à 6 ou 7 accords… et j’en suis la première étonnée !
Il est vrai que, durant tout une partie de ma vie, j’ai pratiqué et fait pratiquer les cithares à six accords qui, assez naturellement, sont le lot des débutants. Mais c’est un choix assumé : je ne cache jamais mes affinités pour leur sonorité particulière, leur facilité de transport… Et je ne puis m’empêcher de songer au jour lointain où, pour nous tous, le psaltérion deviendra trop lourd à manipuler, trop long à accorder… voire, trop encombrant pour une seule pièce à vivre !
En fait, il y a plus profond encore : dans chacun de ces travaux, j’éprouve une joie si intense de réussir à écrire pour les petits modèles, que j’ai l’impression de revivre pleinement ce que Marcel Godard avait gravé sur la pochette de son vinyle Espaces : « La cithare, par ses étroites limites, m’attire… ». Ou encore, de rejoindre la remarque pleine de sagesse du père Jean de la Croix Kaelin op : « La cithare est parfaitement accordée à tout ce qu’il y a d’humble, pauvre et petit dans l’évangile ».
Alors, sans prétendre à me mesurer aux grands musiciens , je tiens à expliciter ici ce que je mets sous l’expression « s’inscrire dans les pas de Jacques Berthier » qui commente un certain nombre de mes compositions récentes : car, lorsque je prends ma plume musicale, c’est comme plus fort que moi : je cherche toutes les solutions pour éviter les accords B ou Bb, et ce grand absent qu’est le mi de l’octave grave… De là, peut-être, le nombre assez restreint de mes œuvres composées.
Quoi qu’il en soit, sur cette page, tout comme en cours et en stage, je tiens essentiellement à souligner l’importance d’étudier l’ensemble de ce répertoire au style dépouillé, spécialement les pièces à jouer mains alternées. Bien au-delà de l’apparente et indiscutable facilité, j’affirme que c’est une démarche incontournable sur la cithare pour développer l’expressivité si difficile à conquérir, à travers une proprioception de chaque main : expressivité qui ne s’épanouira jamais (ou viendra tellement plus lentement) si l’on se contente de jouer directement mains simultanées…
Invitation donc, pour tout cithariste, à ne pas dédaigner la sobriété…
Expérience touchante que d’avoir pu retourner, cithare sous le bras, dans l’église où je m’étais faite entendre pour la toute première fois, adolescente… Un édifice vaste et moderne, que ses deux paroies de vitraux rendent toujours lumineux, et doté d’une excellente acoustique… Pour moi, une déferlante de souvenirs, tant humains que spirituels, en ce lieu où mon âme a commencé à s’ouvrir…
Au cœur de la célébration où j’étais invitée, j’ai évidemment choisi une pièce d’action de grâce, à laquelle les fidèles, anciens comme nouveaux, ont été manifestement très sensibles.
Et pour moi, une expérience qui m’aura marquée, me rappelant qu’à l’époque, on ne disposait pour sonoriser que de l’équipement des lieux, bien médiocre. Pensez donc : la moins mauvaise solution que j’avais trouvée, était de placer ma 6×4 sur un baril de lessive, et le micro de l’animateur, dans le fond… les décibels y étaient, mais la qualité : de quoi frémir !
Tandis que désormais, il suffit qu’un paroissien ait été invité a apporter sa sono, et de le laisser régler savamment balances et retours, pour se faire entendre et apprécier dans des conditions optimales ! Alors oui, la facture et la technique instrumentales ont progressé à pas de géant ; mais je me réjouis de ce que le 21e siècle nous fournisse des moyens fantastiques pour faire connaître et aimer notre cher cithare.
Dans le courrier électronique de ce mois, j’ai relevé – et particulièrement apprécié –le message d’un nouveau cithariste :
« Je vous écris d’Italie. Je suis ravi d’avoir découvert votre site web et surtout votre travail. Après avoir acheté une cithare à six accords, j’ai également acquis le document en italien expliquant comment utiliser tous les doigts de la main droite. J’en suis très content ! »
« Je suis élève de piano : […] utiliser une partition ne me pose aucun problème, mais je ne suis pas certain de pouvoir lire la musique et jouer en même temps, comme je le fais au piano. Comment procédiez-vous à votre époque ? Utilisiez-vous des partitions ou des diagrammes ? Je vous serais très reconnaissant de partager votre expérience. […] Merci d’avance pour votre aide. »
Ce qui m’a enchantée ici, et dans les échanges qui ont suivi, ce n’est pas tant le français quasi impeccable (sans doute celui de l’IA !), ni le compliment sur le document pédagogique acquis… Mais c’est surtout qu’un débutant mette spontanément le doigt sur la difficulté majeure de la cithare qui, je l’ai déjà dit, porte bien davantage sur la lecture des partitions, que sur la technique de jeu.
Question délicate qui m’a justement amenée à rédiger Vers le déchiffrage à vue, doc de 28 pages disponible sur ma boutique en ligne…, et que je ne me lasse pas de recommander !
Ce mois-ci, cap sur le rayon des Transcriptions à l’unité !
– Pour commencer, E’ Dame jolie : magnifique virelai du 13e siècle (anonyme, tout indiqué pour la cithare par son rythme paisible, et son ostinato sur un accord (à accorder idéalement sans tierce)… Niveau médian, pour cithare 6 accords et plus – 2 pages, Inédit 2026.
– La seconde pièce est un traditionnel que l’on pourrait dire « de saison » : Mélodie provençale (n°1), dont certains reconnaîtront l’adaptation sous le titre O toi qui dors… Niveau simple, pour cithare 6 accords et plus – 1 page, également Inédit 2026.
– Enfin, proposition autour d’une mélodie russe très typée : Ce n’est pas le vent, avec au choix, version pour deux cithares (la version pour cithare solo a déjà été publiée dans les Nouveautés 2016)… Niveau simple en duo, progressant en solo – Pour cithare 7 accords et plus – 2 pages.