– Une fois encore, Archangelo Corelli vous enchantera avec l’un de ses mouvements lents de sonate : ici, un “Adagio (n°1)”, que je recommande notamment pour l’étude des noires pointées. Niveau médian, pour cithare 6 accords et plus – 1 page, inédit 2026.
– Par ailleurs, un “Air ancien (n°3) et ses petites variantes”, dont le thème a inspiré l’hymne O Roi de gloire…. Quant aux variantes, elles se distinguent par quelques audaces harmoniques intéressantes ! Niveau simple, pour cithare 6 accords et plus – 1 page, également Inédit 2026».
Ce mois-ci, petites confidences autour de mes compositions, sous l’angle de l’inspiration et de la pédagogie…
Vous aurez peut-être remarqué qu’elles se répartissent comme en deux lots, avec certaines plutôt grandioses, et d’autres, assez modestes… Curieusement, je ne crains pas de développer les premières dans toutes les tonalités (voire, avec modulations), – et elles sont naturellement dévolues aux psaltérions 12 accords. Alors que pour les secondes, humbles pièces musicales, je me sens irrésistiblement portée à me limiter à 6 ou 7 accords… et j’en suis la première étonnée !
Il est vrai que, durant tout une partie de ma vie, j’ai pratiqué et fait pratiquer les cithares à six accords qui, assez naturellement, sont le lot des débutants. Mais c’est un choix assumé : je ne cache jamais mes affinités pour leur sonorité particulière, leur facilité de transport… Et je ne puis m’empêcher de songer au jour lointain où, pour nous tous, le psaltérion deviendra trop lourd à manipuler, trop long à accorder… voire, trop encombrant pour une seule pièce à vivre !
En fait, il y a plus profond encore : dans chacun de ces travaux, j’éprouve une joie si intense de réussir à écrire pour les petits modèles, que j’ai l’impression de revivre pleinement ce que Marcel Godard avait gravé sur la pochette de son vinyle Espaces : « La cithare, par ses étroites limites, m’attire… ». Ou encore, de rejoindre la remarque pleine de sagesse du père Jean de la Croix Kaelin op : « La cithare est parfaitement accordée à tout ce qu’il y a d’humble, pauvre et petit dans l’évangile ».
Alors, sans prétendre à me mesurer aux grands musiciens , je tiens à expliciter ici ce que je mets sous l’expression « s’inscrire dans les pas de Jacques Berthier » qui commente un certain nombre de mes compositions récentes : car, lorsque je prends ma plume musicale, c’est comme plus fort que moi : je cherche toutes les solutions pour éviter les accords B ou Bb, et ce grand absent qu’est le mi de l’octave grave… De là, peut-être, le nombre assez restreint de mes œuvres composées.
Quoi qu’il en soit, sur cette page, tout comme en cours et en stage, je tiens essentiellement à souligner l’importance d’étudier l’ensemble de ce répertoire au style dépouillé, spécialement les pièces à jouer mains alternées. Bien au-delà de l’apparente et indiscutable facilité, j’affirme que c’est une démarche incontournable sur la cithare pour développer l’expressivité si difficile à conquérir, à travers une proprioception de chaque main : expressivité qui ne s’épanouira jamais (ou viendra tellement plus lentement) si l’on se contente de jouer directement mains simultanées…
Invitation donc, pour tout cithariste, à ne pas dédaigner la sobriété…
Avec une musique résolument ternaire, je vous invite à une petite croisière : “Wo die Nordseewellen” (= Sur les flots de la Mer du Nord) !
Histoire de ne jamais oublier que notre cithare, qui peut être si profonde et intime, fut d’abord exclusivement – et pour quelque 80 ans – instrument du folklore austro-bavarois…
Grand plaisir ce mois-ci, que de faire découvrir l’une de mes dernières compositions : “À la plénitude du temps” … Musique simple et dépouillée, volontairement écrite dans la pure lignée de Jacques Berthier ; à écouter comme une longue marche vers l’Accomplissement pascal… ou toute autre lente maturation.