Message de Juillet 2026
Malgré la pause estivale, je souhaite m’arrêter sur un aspect pédagogique, mon impression dominante étant que mon analyse des points de difficulté technique se fait de plus en plus fine ! …Je profiterai donc de cette page pour mettre par écrit le principal constat de ces derniers mois – un sujet qui pourra être profitable bien au-delà du cercle de mes élèves habituels.
L’obstacle (ou embarras) le plus fréquemment rencontré est un arrêt chronique aux barres de mesure : au-delà des bonnes habitudes de lecture, à présent bien connues, c’est couramment l’accord placé en début de mesure suivante qui génère une hésitation. Le plus préoccupant demeure que soit l’exécutant n’en a pas conscience, soit il espère, naïvement, que tout s’arrangera « à l’usure » !
Or, quelques décennies d’enseignement m’ont convaincue qu’une telle anomalie a fort peu de chance d’être corrigée par le rabâchage ; et quand bien même elle le serait, la question de fond ne s’en trouvera pas réglée pour autant, survenant à nouveau au morceau suivant.
Pour y remédier… À chaque marque d’hésitation, j’invite le cithariste à s’arrêter, pour identifier laquelle des deux mains serait susceptible d’être autonomisée (j’entends par là : exécutée sans le concours du regard), ce qui permettra de mieux suivre l’autre main et de franchir l’obstacle sans délai !
Ainsi, selon le contexte, deux méthodes peuvent fonctionner :
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Soit les accords du moment, parce que voisins sur l’instrument, peuvent libérer le regard en faveur de la mélodie – et donc, de la main droite ;
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Soit, grâce à la technique du buté, le pré-positionnement ou le maintien des doigts sur les cordes mélodiques libèrent le regard de la main droite, et permettent de se centrer davantage sur la gauche !
On le voit : pour qui veut progresser, les moyens existent… mais à condition d’accepter de petites pauses pour analyser finement la partition. Or prendre le temps de la conscientisation, c’est presque le point le plus difficile à obtenir de l’élève qui, par tradition, répugne à renoncer – fut-ce pour quelques instants – au plaisir de l’exécution musicale.
Quant à moi, je demeure persuadée qu’une telle réflexion approfondie est l’unique voie pour que, graduellement, les processus mentaux et gestuels s’automatisent.
Autres infos, autres émotions en août…
